Fermer le secteur privé à l’hôpital pour préserver l'égalité d'accès aux soins
La priorité absolue est de rétablir des frontières claires et sans ambiguïté entre un service public égalitaire, financé par la collectivité et censé prendre en charge chacun en fonction de ses besoins, et un secteur concurrentiel régulé selon une logique économique pure.
Il ne sera sans doute pas possible d’aller aussi loin que semble le souhaiter le Conseil national de l’ordre des médecins. Lorsque son secrétaire général, le docteur Jacques Lucas, déclare dans une interview accordée à l’Argus de l’assurance le 16 juin 2006 qu’« il convient de s’assurer que les médecins conventionnés par l’assurance maladie ne sélectionnent pas leur clientèle », il remet en cause non seulement l’existence d’un secteur privé à l’hôpital, mais aussi celle d’un secteur médical à honoraires libres conventionné par la Sécurité sociale. Il propose ainsi la séparation stricte entre une médecine de caisses, strictement réglementée par les pouvoirs publics, et une médecine purement privée et totalement déréglementée. C’est-à -dire la fin du modèle d’économie mixte qui régit le fonctionnement du système de santé français depuis les années 1950.
Outre le fait que le secrétaire général du Conseil national de l’ordre des médecins s’est sans doute laissé emporter par un élan solidaire dont il ne mesurait pas réellement les conséquences, un changement aussi radical n’apparaît ni réaliste ni souhaitable. L’objectif n’est pas de casser le système de santé pour se faire plaisir mais de le moraliser et de le réconcilier avec les valeurs de la République. La priorité absolue est donc de bannir toute pratique privée, à caractère lucratif, de l’hôpital public.
Publié par Docteur Sioux, le 18 janvier 2007 à 22:18 dans :
Dépassements d'honoraires
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