Fermer le régime des ALD pour sauver la Sécurité sociale
Notre système de financement des dépenses de santé est trop généreux pour être viable. Pour les populations les plus malades et les plus défavorisées, la socialisation est totale dans le cadre de mécanismes administrés mais non gérés qui sont devenus la proie favorite de tous les prédateurs du système. La réticence à financer ce système idéal est au moins aussi forte que la volonté d’en maintenir les acquis. Environ 10 % de la dépense est aujourd’hui financée par la dette, c’est-à -dire par les générations futures. Et il faudrait injecter un nombre respectable de milliards d’euros supplémentaires pour que le système redevienne ce qu’il est encore dans l’esprit du plus grand nombre, c’est-à -dire l’un des meilleurs du monde. Cette réticence, trop souvent liée exclusivement à une pression fiscale globale devenue oppressante, a également d’autres ressorts. Ceux qui financent le système n’en bénéficient qu’à la marge et ils expriment aussi, par leur refus de contribuer davantage, un doute croissant sur l’équité de ce fameux modèle social français dont on leur rebat les oreilles à longueur d’année.
Pour en sortir, il faut commencer par le commencement. C’est-à -dire faire prendre conscience aux assurés que la prise en charge intégrale de leurs dépenses de santé dans le cadre de mécanismes collectifs est révolue, quel que soit leur état de santé. L’augmentation du niveau de vie et les mutations de la santé, qui se confond désormais pour partie avec une fonction de bien-être très éloignée des préoccupations vitales d’il y a un demi-siècle, ne justifient plus cette prise en charge. Celle-ci conduit en effet à créer un secteur de consommation administré, à l’inflation galopante, qui finit par pénaliser inutilement le reste de l’économie et par mettre en péril la cohésion sociale. La réinstauration de restes à charge est donc indispensable.
La seule voie réaliste est de fermer une fois pour toutes le régime des ALD et de revenir à un modèle unique de Sécurité sociale, universel et responsabilisant. La prise en charge à 100 % par la collectivité des dépenses de santé de retraités très aisés est un privilège anachronique, de moins en moins compatible avec l’idéal républicain.
Publié par Docteur Sioux, le 20 janvier 2007 à 22:10 dans :
Affections de longue durée
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