samedi 20 janvier 2007
Fermer le régime des ALD pour sauver la Sécurité sociale
Notre système de financement des dépenses de santé est trop généreux pour être viable. Pour les populations les plus malades et les plus défavorisées, la socialisation est totale dans le cadre de mécanismes administrés mais non gérés qui sont devenus la proie favorite de tous les prédateurs du système. La réticence à financer ce système idéal est au moins aussi forte que la volonté d’en maintenir les acquis. Environ 10 % de la dépense est aujourd’hui financée par la dette, c’est-à -dire par les générations futures. Et il faudrait injecter un nombre respectable de milliards d’euros supplémentaires pour que le système redevienne ce qu’il est encore dans l’esprit du plus grand nombre, c’est-à -dire l’un des meilleurs du monde. Cette réticence, trop souvent liée exclusivement à une pression fiscale globale devenue oppressante, a également d’autres ressorts. Ceux qui financent le système n’en bénéficient qu’à la marge et ils expriment aussi, par leur refus de contribuer davantage, un doute croissant sur l’équité de ce fameux modèle social français dont on leur rebat les oreilles à longueur d’année.
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Publié par Docteur Sioux, le 20 janvier 2007 à 22:10 dans :
Affections de longue durée
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Comment va-t-on faire pour renflouer le régime des ALD ? Le scénario le plus raisonnable serait de faire payer les personnes âgées. Pour un ensemble de raisons, liées au poids électoral des seniors, il a peu de chances de s’imposer. Celui qui est privilégié par les pouvoirs publics et déjà à l’œuvre depuis une dizaine d’années, est très différent. Il repose sur le postulat que le reste à charge des ménages en santé a encore un fort potentiel d’augmentation et que la Sécurité sociale doit à l’avenir se recentrer sur la prise en charge des risques les plus lourds et se désengager au fil de l’eau des dépenses courantes. Les conséquences d’une telle approche sont claires : comme nous le montrons dans notre dossier spécial, le maintien sous sa forme actuelle du régime des ALD conduirait à une disparition, à l’horizon 2020, de la prise en charge obligatoire de la médecine de ville pour les 85 % de Français qui n’en bénéficient pas.
L’aspect le plus pervers du régime des ALD est sans doute son financement ou plutôt son absence de financement. La prise en charge des affections de longue durée représente sans doute plus de la moitié des dépenses d’assurance maladie et elle explique une part encore plus importante de son inflation. Les ALD sont pour l’essentiel des affections au long cours de personnes âgées. Dans la mesure où ces mêmes personnes âgées ne contribuent qu’à la marge au financement de la Sécurité sociale, il est donc légitime de soutenir que le financement public des ALD explique l’essentiel, sinon la totalité, du déficit de l’assurance maladie. Au bout du compte, le régime ALD n’est rien d’autre qu’un mécanisme de transfert intergénérationnel qui ne dit pas son nom et qui n’est pas financé. Les actifs sont certes très attachés à la solidarité entre les générations mais ils considèrent qu’elle est réglée par le mécanisme des retraites par répartition et ne veulent plus cotiser au-delà .
Ce qui était à l’origine une avancée sociale incontestable (la prise en charge à 100 % des affections de longue durée) est devenu au fil du temps un piège infernal pour l’assurance maladie. Le dispositif de prise en charge est désormais à maturité et la forte croissance du nombre de bénéficiaires s’explique autant par la dégradation de l’état de santé général due au vieillissement que par une utilisation optimisée, résultant d’une meilleure connaissance de la prise en charge des ALD tant par les malades eux-mêmes que par les acteurs à leur contact : médecins, mutuelles, caisses de retraite…
La logique de prise en charge des ALD sur une base médicale est avant tout celle du lobby médical. La prise en charge à 100 % permet de faire financer intégralement par la collectivité le progrès technique. Les traitements de pointe les plus coûteux sont en effet généralement réservés aux ALD et leur diffusion est d’autant plus rapide que leur coût pour l’assuré est faible. Il est ainsi vraisemblable que de très nombreux patients sont surmédicalisés après leur entrée en ALD, ce que les études de l’assurance maladie semblent d’ailleurs confirmer.
La primauté de la logique médicale sur la logique économique explique l’essentiel des dérives actuelles du régime des affections de longue durée. Beaucoup d’ALD figurant dans la liste actuelle ne http://www-jalma.seevia.com/docteursioux/ecrire/images/bt_img.png