jeudi 18 janvier 2007
La priorité absolue est de rétablir des frontières claires et sans ambiguïté entre un service public égalitaire, financé par la collectivité et censé prendre en charge chacun en fonction de ses besoins, et un secteur concurrentiel régulé selon une logique économique pure.
Lire la suite... Mathias Matallah
Publié par Docteur Sioux, le 18 janvier 2007 à 22:18 dans :
Dépassements d'honoraires
::
un commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::
jeudi 11 janvier 2007
Les défenseurs du statu quo rétorqueront qu’une approche aussi radicale entraînerait la fuite des meilleurs médecins hospitaliers vers le secteur privé ou à l’étranger et constituerait une forme d’arrêt de mort pour la médecine d’excellence en France. Ils ont tort. Le système kolkhozien, qui remplissait dans le régime soviétique une fonction guère différente de celle du secteur privé à l’hôpital chez nous, n’a pas empêché l’écroulement de l’URSS. Loin de redynamiser le secteur agricole, il n’a fait qu’en accélérer le délabrement en détournant les paysans de leur activité principale et en les rendant accros au marché noir. Les mêmes tendances sont à l’œuvre dans nos hôpitaux : un secteur de marché noir hautement performant fonctionne à la plus grande satisfaction d’une minorité de privilégiés mais, loin de diffuser sa dynamique au reste du système, il en accélère le délabrement en le privant de ses meilleures ressources.
La suppression de l’exercice privé devra bien entendu s’inscrire dans une réforme profonde de l’hôpital public. L’organisation actuelle date pour l’essentiel de 1958 et elle est totalement obsolète. Il faudra remettre à plat le statut de médecin hospitalier et le rendre plus attractif, y compris sur le plan financier, pour continuer à attirer les meilleurs praticiens. Pour cela, il faudra dégager des moyens importants, c’est-à -dire, en univers de ressources rares, faire des économies sur d’autres postes et donc tailler dans l’énorme bureaucratie hospitalière. L’éradication du kolkhoze à l’hôpital ne sera pas un exercice de tout repos, elle demandera du courage et de la ténacité. Mais les principaux candidats à la prochaine élection présidentielle, qui clament leur volonté de rupture et leur ouverture aux idées neuves, n’en manquent apparemment pas. A eux de jouer !
Mathias Matallah
Publié par Docteur Sioux, le 11 janvier 2007 à 21:20 dans :
Dépassements d'honoraires
::
aucun commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::
jeudi 4 janvier 2007
Qu’est en effet l’exercice privé à l’hôpital, sinon un détournement du service public par les médecins qui s’y adonnent à des fins d’enrichissement personnel ? C’est-à -dire un délit qui relève de la correctionnelle. Le fait qu’il soit autorisé n’y change rien, et ce d’autant que les règles de déontologie censées accompagner cette autorisation ne sont jamais respectées. Il suffit d’appeler la secrétaire d’un grand patron à l’hôpital, de lui demander un rendez-vous, de l’entendre vous répondre le sempiternel « vous n’y pensez pas, le professeur est surbooké, il n’y a rien avant des mois » avant de vous proposer un créneau dans la semaine une fois que vous avez précisé que vous faites partie de sa clientèle privée, pour mesurer le cynisme et l’absence de vergogne de vos interlocuteurs.
L’inégalité fondamentale d’accès aux soins que créent ces pratiques est de toutes la plus choquante et la plus inadmissible. Les médecins du secteur 2 sélectionnent leur patientèle mais ils ont un exercice privé et c’est donc leur droit. L’Hôpital américain de Neuilly n’a jamais caché que les critères financiers étaient une condition d’accès à l’établissement mais il est entièrement privé et de surcroît non conventionné. L’hôpital public, qui est financé par l’assurance maladie et dont la vocation est de préserver l’égalité d’accès aux soins, ne peut absolument pas s’inscrire dans cette logique. En privatisant de fait ses prestations les plus sophistiquées, il perd son âme et sa légitimité.
Mathias Matallah
Publié par Docteur Sioux, le 04 janvier 2007 à 21:17 dans :
Dépassements d'honoraires
::
aucun commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::
jeudi 28 décembre 2006
Pour bénéficier d’un traitement privilégié en cas de gros pépin, nos élites, conscientes des insuffisances du système de santé, ont entrepris de privatiser l’hôpital public. Il est de notoriété publique que nombre de médecins conventionnés par l’assurance maladie exerçant en secteur hospitalier sélectionnent leur clientèle depuis belle lurette au travers des consultations privées qu’ils accordent à quelques heureux élus suffisamment riches ou bien assurés pour pouvoir payer des honoraires cinq ou dix fois plus élevés que le tarif de la Sécurité sociale. Ces consultations privées ne sont rien d’autre que des coupe-files permettant aux privilégiés qui en bénéficient d’approcher des sommités médicales inaccessibles au commun des mortels dans des délais et des conditions de confort qui feraient rêver nombre de milliardaires vivant dans l’ultralibéral système de santé américain.
Les prestigieux professeurs de médecine qui s’offusquent en public de la moindre remise en question du principe « à chacun selon ses besoins et non selon ses moyens » sont les mêmes qui ne sont pas gênés d’accorder, à l’hôpital public, des rendez-vous à une semaine à ceux qui acceptent de payer la consultation 200 euros alors qu’ils font patienter un an ceux, souvent bien plus malades, qui ont la prétention absurde de vouloir être soignés gratuitement. Ils se sont dressés comme un seul homme contre le projet parce qu’ils ne veulent surtout pas que l’on parle de la médecine d’excellence qu’ils pratiquent à prix d’or ni des conditions dans lesquelles ils la mettent en œuvre.
Mathias Matallah
Publié par Docteur Sioux, le 28 décembre 2006 à 21:17 dans :
Dépassements d'honoraires
::
aucun commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::
mardi 26 décembre 2006
Confrontés à la pression de médecins qui souhaitaient les voir nationaliser intégralement la responsabilité médicale, les pouvoirs publics ont opté pour une position intermédiaire. Ils ont maintenu le système d’assurance existant et accepté de faire prendre en charge par l’assurance maladie une part croissante des cotisations des professions les plus risquées.
Lire la suite... Daniel Szeftel
Publié par Docteur Sioux, le 26 décembre 2006 à 16:22 dans :
Dépassements d'honoraires
::
aucun commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::
mercredi 20 décembre 2006
L’argument selon lequel les résultats du système de santé parleraient d’eux-mêmes, notamment ceux concernant l’espérance de vie, qui placent la France en position très favorable, ne tient pas la route. Il convient de rappeler les thèses de Dever, qui sont maintenant largement admises, sur les facteurs explicatifs de l’état de santé d’une population donnée : le style de vie compterait pour 43 %, les facteurs biologiques et génétiques pour 27 %, l’environnement pour 19 % et le système de soins pour seulement 11 %. Les Français travaillent et boivent beaucoup moins qu’il y a une génération, ils ont la chance de vivre dans un pays béni des dieux et ces facteurs expliquent sans doute beaucoup plus leur longévité que la qualité de leurs médecins et de leurs hôpitaux.
Mathias Matallah
Publié par Docteur Sioux, le 20 décembre 2006 à 21:16 dans :
Dépassements d'honoraires
::
aucun commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::
mercredi 13 décembre 2006
L’égalité d’accès aux soins n’est qu’un slogan creux, auquel personne ne croit plus depuis belle lurette. Tout le monde sait qu’il existe d’un côté une médecine de luxe, avec les praticiens du secteur 2 et certaines cliniques privées très huppées, et de l’autre une médecine de pauvres, pratiquée dans des hôpitaux communaux vétustes, mal équipés et employant les médecins les moins qualifiés. L’espérance de vie des ouvriers n’est pas inférieure de dix ou quinze ans à celle des cadres uniquement parce qu’ils boivent plus d’alcool et mangent moins de fruits et légumes, mais également parce qu’ils ne sont pas soignés de la même manière et avec les mêmes moyens.
Mathias Matallah
Publié par Docteur Sioux, le 13 décembre 2006 à 22:15 dans :
Dépassements d'honoraires
::
aucun commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::
mercredi 6 décembre 2006
La vérité n’est, bien entendu, pas bonne à dire. Les médecins français préfèrent depuis toujours le tennis et la pétanque à la formation continue et ils sont bons derniers dans ce domaine. Un médecin perd chaque année passée sans formation environ 5 % de ses connaissances. Nos praticiens exercent en moyenne depuis quinze ans, ce qui signifie que la grande majorité d’entre eux n’est plus en mesure de mettre en œuvre que le quart de son savoir initial. Quand on sait que ce savoir initial représente à peine 10 % des connaissances actuelles, il y a de quoi frémir. Nous sommes, sans le savoir, soignés le plus souvent par des « professionnels » qui en savent à peine plus que nous sur nos bobos.
Nos hôpitaux ne sont pas en meilleure posture. Ils ont certes doublé leurs effectifs en quinze ans alors que le nombre de nuits passées par des patients a diminué de 15 % sur la même période, mais ce n’est pas au bénéfice de la qualité des soins. La bureaucratie a explosé, le personnel, plus chanceux que celui de l’hôtellerie-restauration, est passé aux 35 heures, mais il y a toujours autant, sinon plus, de maladies nosocomiales et d’erreurs médicales. Sans parler des équipements, de plus en plus vétustes, la France étant désormais moins bien lotie que la Turquie pour ce qui concerne l’imagerie médicale par exemple.
Mathias Matallah
Publié par Docteur Sioux, le 06 décembre 2006 à 21:14 dans :
Dépassements d'honoraires
::
aucun commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::
mardi 5 décembre 2006
Les médecins libéraux n’ont eu de cesse depuis 2002 et la promulgation de la loi Kouchner de vider de leur sens les mécanismes de responsabilité qui leur étaient imposés, espérant ainsi rejoindre le statut protecteur dont bénéficient leurs collègues du secteur public. Les syndicats médicaux ont pour ce faire dénoncé dans un premier temps avec emphase une hypothétique « dérive à l’américaine » de la justice française en matière de contentieux médical, qui les empêcherait de prendre les risques nécessaires et les pousserait à une « médecine défensive » moins efficace et plus coûteuse.
Lire la suite... Daniel Szeftel
Publié par Docteur Sioux, le 05 décembre 2006 à 16:47 dans :
Dépassements d'honoraires
::
aucun commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::
mercredi 29 novembre 2006
La version officielle est que, grâce à un modèle social qui fait l’admiration du monde entier, nous avons tous accès, presque gratuitement, à la même médecine de qualité, au même système hospitalier exemplaire, à la même pharmacopée sans limites. Les Français sont inégaux dans presque tous les domaines, l’échelle des salaires va de 1 à 100, le niveau d’éducation de 1 à 1000, mais la santé est l’exception qui confirme la règle, elle est la même pour tous, qu’on se le dise.
Mathias Matallah
Publié par Docteur Sioux, le 29 novembre 2006 à 21:13 dans :
Dépassements d'honoraires
::
aucun commentaire ::
::
aucun trackback ::
>> ajouter un commentaire
::